Articles

Affichage des articles du mars, 2011

L'Immeuble Yacoubian d'Alaa El Aswany

Image
Pour ceux qui aiment: La Belle du Caire de Naguib Mahfouz

Au coeur de la ville du Caire, tout un éventail de la société égyptienne cohabite derrière les murs de l'immeuble Yacoubian. On y croise à la fois les riches et puissants du Caire, à l'image de Zaki Dessouki, héritier d'une famille riche déchue et amoureux des femmes, d'Hatem Rachid, homosexuel et brillant journaliste et du hadj Assam, mais aussi les miséreux des cabanes de la terrasse dont la belle Boussaïna et le jeune et idéaliste Taha. Dans ce petit microcosmos, c'est toute l'Egypte qui défile avec ses espoirs déchus, la violence, la corruption, la poussée de l'islamisme mais aussi la soif de vivre et le désir d'avancer malgré les entraves.
Je suis décidément dans une bonne période de lecture car il s'agit là d'un deuxième coup de coeur pour ce mois de mars. J'ai en effet dévoré L'Immeuble Yacoubian que j'ai trouvé tout simplement passionnant. Alaa El Aswany nous offre un m…

De ma LAL à ma PAL en un clin d'oeil

Image
Alors avant tout, je souhaite préciser que:

1) Mr. Z y a également mis du sien. Ben oui, deux book-addicts à la maison, ça fait des dégâts.
2) Nous avons reçus un bon sur Amaz** UK, qu'il fallait bien l'utiliser et que bon, acheter des chaussures ou de l'électroménager c'est bof bof alors que pour les livres, on est tout de suite plus inspirés.

Voici donc les derniers ajouts à ma PAL. La plupart sont donc en anglais mais il y également deux livres en français trouvés chez mon bouquinisite préféré le week-end passé. Car oui, imaginez-vous que j'y suis allée il y a quelques semaines et que j'en suis ressortie, pour la première fois de toute ma vie, sans un seul bouquin sous le bras. Je ne pouvais bien évidemment pas rester sur cette défaite cinglante, cette terrible tragédie!!! Heureusement, tout est rentré dans l'ordre et j'y ai déniché:

1. Double Vision (Sourde angoisse) de Pat Barker: Le thème du retour d'Afghanistan me tente moyen mais je voulais abso…

127 heures d'Aron Ralston

Image
Pour ceux qui aiment:Into the Wild de John Krakauer ou La mort suspendue de Joe Simpson

Le 26 avril 2003, Aron Ralston, un jeune américain de 27 ans, décide de partir seul explorer le Blue John Canyon dans l'Utah. Alors qu'il se trouve dans une partie du canyon isolée, une pierre de plusieurs centaines de kilos se détache et emprisonne son bras contre la paroi de l'étroit passage. Prisonnier et immobilisé, rapidement à court d'eau et de nourriture, Aron va vivre 127 heures intenses et nous donner une extraordinaire leçon de survie.

Vous avez certainement tous déjà entendu parler de ce fait divers, mis encore en lumière récemment par la sortie du film du Danny Boyle. Ce livre est donc le récit de l'accident par Aron Ralston himself, réédité par Michel Lafon suite à la sortie du film, après une première publication en 2005 sous le titre Plus fort qu'un roc.

J'ai longtemps hésité à ajouter ce petit coeur en début de mon article, mais au final, je pense vraiment q…

Citation du jeudi (11)

Image
Sur une idée de Chiffonnette:

"Devant cette situation, j'en vins à penser que la vie dépendait de peu. Parfois, c'est une évidence: la distance qui vous sépare de la foudre, un copain dont la rapidité vous sauve d'une noyade certaine dans le Colorado. Parfois, c'est plus subtil, même imperceptible, par exemple, la microscopique chaîne d'ADN qui permet à votre organisme de combattre une infection qu'on ne sait même pas avoir contractée. Ce peut être la décision d'escalader un flanc de montagne différent, évitant par la même occasion un rocher qui dévale le chemin. Nous traversons la vie en ignorant qu'on échappe, chaque jour, à des millions de dangers. Et puis un jour, on frôle l'horreur et l'on se rend compte de ce que signifie cette fraction de seconde, ou ces quelques centimètres. " p. 124

Aron Ralston, 127 heures

Jolie citation d'un livre qui fait pas mal réfléchir. A tous bonne journée et profitez bien de la vie!

La fiction est-elle le meilleur reflet de la réalité?

Image
Je ne peux m'empêcher de partager cet excellent article publié par le Financial Times et relayé par le Courrier International. Gideaon Rachman y défend l'idée que certains romans permettent de comprendre la situation d'un pays mieux qu'un documentaire et dresse une liste PAL-unfriendly de "ces romans qui en disent long sur la marche du monde". Parmi eux:

Crédit photo: pirizoe

Pour la Libye:Au pays des hommes de Hisham Matar
Pour l'Egypte:L'immeuble Yacoubian d'Alaa El-Aswany
Pour l'Afrique du Sud:Disgrâce de J.M. Coetzee
Pour l'Inde:Le Tigre blanc d'Aravind Adiga
Pour la Chine:A Civil Servant's Notebook de Wang Xiaofang
Pour la Russie du XIXème:Guerre et Paix de Tolstoï
Pour l'esclavage aux USA:La Case de l'Oncle Tom d'Harriet Beecher Stowe
Pour les goulags soviétiques:Une journée d'Ivan Denissovitch d'Alexandre Soljenitsyne

Une jolie liste de livres marquants à ajouter à sa PAL. Pour ma part, ils sont déjà presque tous n…

Le dîner de Babette de Karen Blixen par le Théâtre de l'Epiderme

Image
A la fin du 19ème siècle, la petite communauté religieuse norvégienne de Bewerlaag va vivre un étrange repas. Babette, la bonne française arrivée un soir mystérieusement et recueillie par les filles du pasteur, Martine et Philippa, décide d'offrir un festin fabuleux aux villageois, qui ne manque pas de réveiller tous les sens et les désirs enfouis des convives. Devenu légendaire, le dîner de Babette nous est conté par les descendants des invités.
J'aime beaucoup ce que présente le Théâtre en Cavale et si on ajoute une nouvelle de Karen Blixen au lot, je ne peux bien sûr pas résister. Je n'ai jamais lu la nouvelle, Le Dîner de Babette, ni d'ailleurs vu le film de Gabriel Axel, Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1988. Je ne connaissais ainsi pas du tout l'histoire de la pièce.
J'ai beaucoup aimé la mise en scène de cette pièce par Christine Aebi et l'adaptation par Miguel Fernandez-V. Le festin de Babette nous est conté par un petit groupe d'exc…

Le aye-aye et moi de Gerald Durrell

Image
Pour ceux qui aiment: Madagascar, la nouvelle série documentaire de la BBC avec David Attenborough

Au début des 90, Gerald Durrell, fondateur du Zoo de Jersey et des Gerald Durrell's Wildlife Preservation Trusts, décide de monter une expédition à Madagascar afin de capturer plusieurs spécimens de la faune si exceptionnelle de cette île, et parmi eux, le fameux aye-aye. Accompagné de sa femme Lee et d'une équipe fidèle, Gerald Durrell voyage à travers les merveilles menacées de Madagascar et fait découvrir à son lecteur sa faune et ses paysages.

Le aye-aye et moi est le dernier livre du naturaliste Gerald Durell qui décèdera peu après cette expédition, en janvier 1995 à l'âge de 70 ans. C'est donc un Gerald Durell assagi et même parfois affaibli que l'on retrouve ici. Si Durell est obligé de déléguer l'action et les captures à son équipe en raison de problèmes de hanches, il gratifie cependant toujours son lecteur de considérations passionnantes sur la conservatio…

Le Mystère Tour Eiffel d'Armand Guérin et Fabien Lacaf

Image
Paris, 1886: Le jeune Tonin décide de quitter son Cantal natal pour monter à Paris. Bon forgeron, il est très vite engagé sur le chantier pharaonique de la Tour Eiffel. Mais les anarchistes guettent, bien décidés à marquer les esprits et Tonin sera, malgré lui, mêlé à une sombre machination.

L'intérêt du Mystère Tour Eiffel est sans conteste de suivre le processus de construction du monument payant le plus visité au monde. Les auteurs nous emmènent en effet de la conception du projet en 1884, jusqu'à l'inauguration de la Tour en 1889. Le lecteur découvre chaque étape du chantier de la Dame de fer et les difficultés techniques rencontrées. Cette BD recrée également très bien l'ambiance du Paris de la Belle Epoque où l'on croise, au détour d'une page, Toulouse Lautrec et Aristide Bruant au Chat Noir.

Une BD certes intéressante, mais il manque à l'intrigue un peu de profondeur, en particulier sur le complot anarchiste. Le flashback depuis 1906 et la rencontre av…

Citation du jeudi (10)

Image
Toujours sur une idée de Chiffonnette:

Photo de Dani Jeske/Animals Animals-Earth Scenes sur le site du National Geographic


"Je venais de faire la connaissance de mon premier aye-aye. J'étais sous le choc: de toutes les créatures que j'avais eu le privilège de rencontrer, c'était la plus incroyable. Le aye-aye était en danger? Eh bien, il pouvait compter sur notre aide. Qu'un être aussi stupéfiant, aussi complexe, puisse disparaître, être rayé de la surface de la planète, voilà qui était impensable, au même titre que de brûler un Rembrandt ou de transformer la chapelle Sixtine en discothèque, ou encore de détruire l'Acropole pour édifier à sa place un Hilton. Pourtant, cet étrange animal est bel et bien en voie d'extinction. lui qui sur l'île de Madagascar a conquis un statut quasi mythique, lui qui accomplit des prodiges, et pas seulement d'ordre biologique. Un animal magique: tel il apparaît au peuple malgache au milieu duquel il vit, et, malheureus…

Allah n'est pas obligé d'Ahmadou Kourouma

Image
Pour ceux qui aiment:Sozaboy de Ken Saro Wiwa

A la mort de sa mère, Birahima est confié aux soins de sa tante vivant au Libéria. Accompagné de Yacouba, un féticheur et escroc, il part sur les routes d'Afrique de l'Ouest à la recherche de sa tante, à travers le Libéria et le Sierra Leone déchirés par la guerre civile. Birahima nous conte ainsi, à sa manière très particulière d'enfant des rues, ses pérégrinations et sa lutte pour survivre parmi les enfants-soldats.

L'originalité d'Allah n'est pas obligé est ce récit du jeune Birahima en forme de confession qui fait vivre au lecteur la vie d'un enfant-soldat dans le chaos de la guerre tribale. Le style est très parlé, parsemé d'argot et écrit à l'aide de quatre dictionnaires dont les définitions sont intégrées dans le récit:

"Il avait fait prévaloir que sa fonction méritait elle aussi une par. (Faire prévaloir, c'est faire remporter l'avantage.) Les dirigeants de la société ne voulurent pas…