We are all completely beside ourselves de Karen Joy Fowler


We are all completely beside ourselves est le récit des Cooke. Une famille américaine de prime abord plutôt classique: un père psychologue, une mère attentionnée, un grand frère protecteur et deux soeurs, Rosemary et Fern qui se chamaillent mais s'adorent. Sauf qu'une quinzaine d'années plus tard, quand Rosemary commence son récit, le cocon familial a littéralement explosé: son frère Lowell est recherché par le FBI et Fern a disparu, laissant le reste de la famille enfermé dans son mutisme. Que s'est-il donc passé?

Il serait dommage d'en dire plus sur ce roman qui réserve bien des surprises et qui m'a complètement bluffée. Franchement, je n'ai rien vu venir et j'ai parcouru les premiers chapitres de ce roman dans un flou total, ne comprenant pas vraiment où l'auteur essayait de m'emmener. Les billets élogieux de Cuné, Keisha et Cathulu me laissaient cependant entrevoir qu'il fallait que je persévère et c'est petit à petit que j'ai découvert un roman à l'ampleur bien plus grande et profonde que le simple récit de famille qu'il augure. 

We are all completely beside ourselves est un roman à la fois drôle, poignant, triste, subtil, malin, et réellement intéressant. On passe très vite de réflexions éthiques et psychologiques sur la culpabilité à un pétage de plomb hilarant avec une marionnette. 
La construction de l'intrigue est volontairement en forme de puzzle, faite de souvenirs parfois flous et mélangés. Ce choix réserve bien sûr un maximum de surprises au lecteur mais peut le perdre un peu aussi, surtout que Rosemary n'est pas une narratrice toujours facile à suivre. Ce sentiment de confusion, presque permanent à la lecture, explique peut-être pourquoi j'ai frôlé le coup de coeur de près, sans toutefois complètement l'atteindre (ben oui, I'm a control-freak). 

Frôlé de très près le coup de coeur hein, donc précipitez vous sur We are all completely beside ourselves. Apparemment Les Editions Presse de la Cité aurait acheté les droits de la traduction française (source ici). 
Une histoire familiale surprenante qui amène le lecteur bien au-delà des limites vers lesquelles il pensait plonger. Une réussite!

ET SURTOUT N'EN LISEZ PAS TROP SUR L'INTRIGUE!!!!

So meet the Cooke family. Our narrator is Rosemary Cooke. As a child, she never stopped talking; as a young woman, she has wrapped herself in silence: the silence of intentional forgetting, of protective cover. Something happened, something so awful she has buried it in the recesses of her mind. It changed Rosemary - and it destroyed her family. 
Now Rosemary's adored older brother is a fugitive, wanted by the FBI for domestic terrorism. An her once lively mother is a shell of her former self, her clever and imperious father now a distant, brooding man. 
And Fern, Rosemary's beloved sister, her accomplice in all their childhood mischief? Fern's is a far more terrible fate than the family, in their innocence, could ever have imagined. 

FOWLER Karen Joy, We are all completely beside ourselves, ed. Penguin, 2013, 308p

Commentaires

  1. Espérons que l'éditeur français proposera une quatrième de couverture qui n'en dira pas trop...
    Tiens, je ne me souviens plus de la marionnette, ah oui oui, finalement...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah oui, parce que un nombre important d'articles de presse anglophones et d'avis sur internet en disent beaucoup beaucoup trop sur l'intrigue. Ca gâche simplement tout à mon avis.

      Supprimer
  2. Je vais devoir attendre patiemment la traduction, alors.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Peut-être pour la rentrée de janvier?

      Supprimer
  3. Je l'ai lu, mais n'ai pas pris le temps de faire de billet. Un roman très intéressant, qui aborde un sujet vraiment original, et tout à fait d'actualité.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je n'ai pas encore lu d'avis négatifs sur ce roman. Curieuse de voir comment il sera accueilli à sa sortie francophone...

      Supprimer
  4. Je ne l'ai pas lu; ton billet est tentant mais en même temps la confusion dotn tu parles fait un peu peur.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La confusion est voulue et calculée. L'impression est un peu étrange, surtout au début, mais cela fait aussi l'originalité et la force de ce roman. Ne t'arrête pas à ça et tente le coup ;-)

      Supprimer
  5. Pfiou tu me donnes envie de le lire de suiiiite !!! Mais là ça va être difficile d'ici la fin de l'année avec mes différentes LC et compagnie.;-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ha ha ha, j'avais eu la même impression en lisant les avis de Keisha, Cuné et Cathulu et heureusement, je suis tombée dessus aux soldes anglophones du Salon du livre. J'étais excitée comme une puce ;-)
      Tant qu'il est sur ta LAL... surtout qu'à mon avis, il a des grandes chances de te plaire...

      Supprimer
  6. Les billets que tu évoques m'avaient tellement donné envie d'avoir le fin mot de l'histoire (avant de me faire spoiler) que je l'ai acheté en ebook anglais (pas cher) et l'ai lu jusqu'à ce que je sache de quoi il retournait. Après, je l'ai laissé en plan parce que c'était trop exigeant pour moi compte tenu de son niveau de langue. Je lirai la suite et fin quand il sortira en français.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, ces trois avis étaient redoutables et je remercie vraiment ces blogueuses (si vous lisez ces lignes, thanks a lot!) d'avoir gardé la surprise intacte toute en me donnant envie de le lire.
      Ha ha ha, je vois que ta patience est presque pire que la mienne. C'est vrai que vu la forme, je peux imaginer que si on ne comprend pas tout tout, ça devient encore plus embrouillant. Mais j'espère que tu connaitras très vite le fin mot de l'histoire à sa sortie francophone.

      Supprimer
    2. Mais je l'ai eu, le fin mot de l'histoire (enfin, le truc-qu'il-ne-faut-pas-spoiler;) ) !c'est seulement ensuite que je me suis arrêtée de lire.

      Supprimer
    3. Oui, oui, mais il te reste quand même plein de choses à découvrir dans la suite du livre ;-)

      Supprimer
  7. En tout cas le titre et la couverture sont vraiment très tentants!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La couverture anglaise est très réussie et j'espère que la française sera aussi subtile et ne dévoilera rien de l'intrigue... A suivre!

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

L'amie prodigieuse d'Elena Ferrante

Prix des lecteurs de l'Hebdo 2016: Mon expérience de jurée

Blog-anniversaire: 8 ans déjà!